Les bons conseils

La topologie algébrique penche tantôt du côté algébrique et tantôt du côté topologique. Les preuves sont tantôt formelles et tantôt se résument à des dessins, plus ou moins convaincants.

Henri Paul recommande la lecture d’un court article de Dennis Sullivan [1] à la fois pour son contenu et pour sa forme. Mais avant de le lire, il recommande d’essayer de démontrer seul(e) le théorème, à titre d’exercice.

Soit $M$ une variété fermée orientée de dimension 3. Alors, $H=H^1(M,{\mathbb Z})$ est un groupe abélien de type fini muni d’une forme trilinéaire alternée $\mu$ : le produit cup à valeurs dans $H^3(M,{\mathbb Z})\simeq {\mathbb Z}$, ou, par dualité, l’intersection des cycles. Le théorème de Sullivan comporte trois parties :

La figure suivante pourrait peut-être aider ?

Le troisième énoncé est pour le moins obscur, et la première difficulté consiste à le comprendre.

If we dualize this $[,]$ pairing we find that the degeneracy of $\mu$ or dually the relations among commutators namely an exact sequence (mod torsion)

$$ 0 \to ([\pi,\pi]/ [\pi,[\pi,\pi]])^{\star} \xrightarrow{[,]^{\star}}\Lambda^2 \xrightarrow{\mu} H^{\star}. $$

For example, if $\mu=0$, $\pi_1(M)$ looks like a free group on $\beta= dim H$ generators (mod torsion and triple commutators). In general there are at most $\beta$ relations (defined by $\mu$) among the $\frac{1}{2}\beta(\beta-1)$ commutators. »

Mais c’est surtout la « preuve » proposée par l’auteur qui est digne d’une anthologie mathématique. La voici, dans tous ses « détails » :


« The proof is a certain amount of soul searching classical algebraic topology. »

Comme quoi les preuves bidon, publiées dans des journaux prestigieux, ne sont pas l’apanage de Poincaré 😇.

Voici le coupable en 1968 :